29/10/2007

La différence....

Pour chacun une bouche deux yeux

deux mains deux jambes

 

Rien ne ressemble plus à un homme

qu’un autre homme

 

Alors

entre la bouche qui blesse

et la bouche qui console

 

entre les yeux qui condamnent

et les yeux qui éclairent

 

entre les mains qui donnent

et les mains qui dépouillent

 

entre le pas sans trace

et les pas qui nous guident

 

où est la différence

la mystérieuse différence ?

Jean-Pierre Siméon

 

Un texte qui me touche particulièrement....

21/10/2007

Un sourire est une clef secrète qui ouvre bien des coeurs....

Bébé bonheur....des sourires en cascade...

Gabriel 20 jours.

20jours

Gabriel 2 mois

2mois

Gabriel 3 mois

3 mois et demi

Gabriel 4 mois

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4 mois

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Gabriel 5 mois

5mois

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Gabriel 6 mois

6mois

Gabriel 9 mois

9 mois

Gabriel 10 mois

10mois

Gabriel 1 an

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Gabriel 13 mois

13mois
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Gabriel 14 mois

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Gabriel 15 mois

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Gabriel 18 mois

18 mois

11/10/2007

Peau à peau..../coeur à coeur...

Je me souviens de la première fois ou j'ai senti ta peau contre la mienne, je me souviens, aussi léger qu'une plume, si minuscule, recroquevillé sur moi ou les bras tendus comme pour me serrer fort sur ton coeur, tes petits yeux ébènes grands ouverts....ta petite main agrippée à moi…

On se découvrait pour la première fois....nous qui n'avions pas eu le temps de faire connaissance, ...arraché de mon ventre....je n'avais même pas eu le temps de te toucher, ni même de te voir....puis une cage de verre....et des dizaines de fils, des bruits inconnus, des alarmes avaient érigés une barrière entre nous....

L’infirmière t’a posé sur moi, et j’ai senti mon cœur se craqueler, tellement il débordait d’amour…je me suis nourrie de ton odeur, de ta chaleur, tu t’es nourri de mon odeur, de ma chaleur….mon fils….c’était donc toi le petit être qui n’avait pas eu le temps de grandir en moi….c’était donc pour toi que j’avais trembler des jours, des semaines, des mois durant….. tu étais là niché au creux de mon cou,mon nez dans tes cheveux, j’écoutais ton cœur battre, je sentais ton corps se détendre et se lover comme pour faire partie de moi à nouveau….  maman lionne et son lionceau…et j’étais prête à donner ma vie pour t’insuffler la force de te battre….. 

Ces quelques moments volés hors du temps étaient comme des instants de grâce, le temps suspendait son vol…..il n’y avait plus d’alarmes, plus de chambre aseptisée, plus de fil qui te reliait à la vie, il y avait plus que toi et moi…maman kangourou… 

Nous ne faisions plus qu’un ton cœur faisait battre le mien…..et le tien s’apaisait instantanément dès le moment ou l’on te posait sur ma peau…… 

Je m’imprégnais de toi par tous les pores de ma peau, par tous mes sens, jusqu’à l’ivresse…jusqu’à être pleine de toi….moi qui me sentait si vide…. 

Ces moments rien qu’à nous étaient si courts…. 

Et puis on t’arrachait à nouveau à moi…trop vite, trop fort…et tu retrouvais alors ton cocoon de verre…et mon cœur se faisait lourd à nouveau, et la chape de plomb retombait alors sur mes épaules….avec la peur qui l’accompagnait si bien, et de nouveau les alarmes stridentes retentissaient, ton petit corps frêle, nu abandonné dans cet espace trop grand….se recroquevillait à nouveau en boule comme pour garder quelques instants encore la chaleur de notre rencontre….. 

Je t’accompagnais alors jusqu’à notre prochaine rencontre par ma voix, pour te dire d’être fort, pour te dire combien nous t’aimions, et nous étions fiers de toi….pour te dire que nous étions là…près de toi…pour gravir un à un les obstacles qui se dresseraient devant nous….. 

 

Depuis nous avons fait tellement de chemin….mais lorsque certaines nuits ton corps réclame encore la chaleur de ma peau…et que tu t’apaises et te rendors contre moi, rassuré…je repense à cette première fois ou l’on t’a déposé contre moi….et instinctivement je retrouve les même gestes, je niche mon nez contre tes cheveux, je te respire, je me nourris de toi, j’écoute ton cœur battre, ton souffle doux…..et dans ces moments là, dans ces moments de grâce ou la nuit endormie nous dessine son plus doux berceau, ou le silence se fait murmure comme quelques mots d’amour , tu es pour moi encore ce bébé plume….d’à peine 1kg…tu es ce petit homme vaillant….apaisé, ce petit bout de vie qui a bouleversé la notre…..et dans la nuit noire, dans le silence…je remercie le ciel de tant d’amour, je remercie la vie de ce si grand bonheur…..et mon cœur se craquelle comme la première fois….. gonflé de tellement d’amour….

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08/10/2007

Ceux qui détiennent la vérité....

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Je suis plutôt d’une nature zen, cool, et conciliante…pourtant il existe quelques sujets de conversation à manipuler comme de la nitroglycérine….c'est-à-dire avec une extrême précaution…car j’ai tendance à démarrer au quart de tour ….l’un d’entre eux sujet plus que sensible ….est tout ce qui tourne autour de la santé de Gabriel…. 

 Je ne supporte pas entendre " mais non, tu te tracasses pour rien, tout va bien ", ou encore " tu vas voir ça va aller ", ces petites phrases d’apparences anodines ont le pouvoir de me mettre dans un état pas possible, je ne peux l’expliquer….   

Je sais qu’au départ ce style de commentaires se veut plutôt bienveillant, mais moi il me blesse plus qu’il ne m’apaise….. je sais aussi avec le recul que ma réaction est excessive, preuve aussi que la naissance de Gabriel et cette peur qui nous a tenu des mois durant reste encore un sujet qui fait mal....une plaie pas encore refermée.... 

Et ces phrases,que je reçois comme des coups de poignards je les ai entendues des milliers de fois depuis la naissance de Gabriel….  

Lorsque Gabriel est né tout d’abord….. j’avais droit inlassablement à "ça va aller tu vas voir " …..moi tout ce que je voyais c’était un petit homme d’a peine 1kg qui se battait pour vivre, tout ce que je savais c’est que chaque minute, chaque heure passée était déterminante, cruciale, chaque journée était une journée de prise sur le pari de la vie…..mais combien le chemin était long, sinueux, douloureux, combien ce combat était inégal…..  

Lorsqu’on a su ensuite que Gabriel avait des lésions cérébrales….là aussi j’ai eu droit à un lot de phrases "types"  "oh mais non tu t’en fais pour rien, tu verras ça va aller", ou encore "mais tu vois bien qu’il n’a pas l’air handicapé"….moi tout ce que je voyais c’était  cette énorme massue qui nous tombait sur la tête, les doutes à venir, les questions sans réponses, la peur, et cette épée de Damoclès qui nous poursuivrait pendant des mois, des années…..  

Encore ce matin, je donnais des nouvelles à une amie suite à un examen auditif qui doit être fait à Gabriel pour s'assurer qu'il n'est pas déficient auditif, et j’ai eu droit à "mais non, tu vas voir ça va aller, c’est rien "….  

Trembler chaque jour pour son bébé, pour son enfant, non ce n’est pas rien, courir les hôpitaux, les rdv, les séances de kiné jour après jour,pour moi ce n’est pas rien, attendre les résultats, espérer, avoir la gorge nouée, pour moi ce n’est pas rien, se battre jour après jour pour déjouer les diagnostics, faire endurer les examens, les hôpitaux à Gabriel pour moi ce n’est pas rien….  

Comment peut on me dire "c’est rien" ou "ça va aller ", comment savent ils mieux que moi que tout va bien, moi je n’ai pas les réponses, j’aimerais pouvoir avoir ce même excès d’optimisme, oui mais la réalité n’est pas toujours aussi rose…..   

J’ai parfois l’impression que "les gens" ne se rendent pas compte d’où vient Gabriel, du miracle de cette vie, de sa force, de tout ces combats menés, j’ai parfois l’impression qu’on minimise ce si long chemin parcouru…j'ai parfois l'impression que les gens se mettent des oeillères, préfèrent ne pas voir, parce que la mort, la maladie, le handicap, c'est tabous, alors autant faire comme si ce n'était rien.....d'ailleurs je pense que parfois ils préfèreraient simplement que je me taise, qu'à leur question " comment va Gabriel?" je réponde un simple "très bien" d'usage...de politesse, une réponse formatée.... 

Et c’est vrai ça me blesse, je ne leur demande pas de la pitié, je ne leur demande pas de pleurer sur notre parcours,de s’apitoyer, de nous encenser,ou de s'émerveiller outre mesure, je leur demande juste parfois de me laisser parler, sans chaque fois me donner cette impression que je me tracasse pour des choses futiles, sans me donner l’impression que je suis une mère qui exagère tout, qui fait des montagnes d’une poignée de sable….  

Je sais c’est égoïste,ma réaction peut paraître puérile, disproportionnée mais parfois j’ai besoin de parler, de vider ce sac si lourd à porter, juste de l’alléger un peu l’espace de quelques heures…. 

Et puis ça va mieux, c’est toujours comme ça…..les rendez-vous médicaux de Gabriel ont cette capacité étonnante de me mettre à plat pour 24h, j’en ressors bien souvent vidée, torturée de questions, de doutes, d’angoisses, dans ces moments là, une phrase comme « ça va aller » ne m’est d’aucun secours……j’ai juste besoin qu’on me laisse exprimer mes peur, mes doutes, ma tristesse, aussi infondés soit il, aussi décuplés soit il par cet instinct de mère louve qui voudrait protéger son enfant des coups durs…..juste me laisse épancher ce trop plein qui me submerge…..ça ne dure bien souvent que 24h…..contre coup….puis le lendemain je repars battante,  confiante en Gabriel mon bébé lion….. avec pour seul arme , l’amour, l’espoir et la force immense d’un petit homme qui soulève bien des montagnes…..avec pour seul arme l’amour….qui guérit de tout….

03/10/2007

Parfois la tempête fait rage....

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Je pensais qu'avec l'arrivée de Gabriel, tout la tempête intérieure se calmerait, je pensais que j'oublierais....les autres ont bien oublié eux....Jean-Baptiste n'est rien, ils ne connaissent même pas son prénom, se souviennent-ils seulement qu'il a existé un jour dans mon ventre?, qu'il existe toujours dans mon coeur, dans mes souvenirs.....mais aussi dans le coeur de son papa, nous parlons parfois de lui, savoir qu'il y pense aussi très souvent comme moi me fait du bien.....car je me sens "normale"....

Ces derniers temps je pense, je rêve beaucoup de lui, je le vois tel qu'il serait aujourd'hui,la nuit il m'apparaît grand et costaud, avec de jolis cheveux blonds, il ressemble beaucoup à son papa, je le vois sourire, courir, puis je me réveille....et il ne me reste que le souvenir, le vide.....

Un sentiment ambivalent me tenaille, je me dis que si Jean-Baptiste était vivant, Gabriel ne serait peut être/sûrement pas là aujourd'hui, j'ai du mal avec cette idée, je ne peux, ne veux pas me dire que la vie d'un dépend de la perte de l'autre, j'ai du mal à faire le choix dans mon coeur....parce que je ne peux pas choisir, parce que j'aurais aimé les avoir tous les deux vivant à mes côtés, parce que Gabriel ne remplace pas son grand frère, parce que mon coeur aurait été assez grand pour les aimer tous les deux....

Il n'y a que sur ces pages que je peux déposer ces mots, parce qu'ici je suis libre de penser, libre de garder Jean-Baptiste vivant dans mon coeur, sans jugement, sans passer pour une incomprise, sans déranger surtout....Il y a cette tempête dans mon coeur.....endormie....mais parfois le vent se lève et ravive les souvenirs douloureux....

Alors je regarde Gabriel avec son sourire d'ange, et je me dis que toute ces souffrances n'ont pas été vaines.....que la vie continue, différente, mais toujours aussi forte et impétueuse.....