20/01/2008

Si près de l'enfer.... (1ère partie)

 Captured_Childhood_by_theKills

 

 

 

 

Le 12 janvier 2005…. Il y a trois ans, nous fêtions nos 7 ans en couple, on en riait, 7 ans c’était le cap fatidique celui tant décrié, redouté, comme l’épreuve ultime, comme l’examen de passage  de la solidité des couples, nous avions traversé quelques tempêtes, mais nous étions là, plus forts que jamais, mais surtout plus heureux que jamais, notre enfant grandissait dans mon ventre, le cap délicats des trois premiers mois étaient passés, nous avions passés les fêtes euphoriques en famille, sur notre nuage, en imaginant l’avenir avec notre fils, car c’était comme une évidence pour nous...

 

Cet enfant que je portais, était sans nulle doute un garçon, j’en étais intimement convaincue, d’ailleurs tout naturellement je réfléchissais à des prénoms de garçons, ceux de filles ne me venaient simplement pas à l’esprit, ce n’était pas une question de préférence, car mon plus grand bonheur était d’avoir un enfant, peut importe son sexe, mais c’était comme animal, instinctif, je pressentais au fond de moi, dans mes tripes, que je portais notre fils, je ne peux l’expliquer… 

 

Pour notre anniversaire, nos 7 ans en couple, un joli cadeau nous attendait, j’avais rendez vous chez mon gynécologue, avec une échographie à la clé, comme à chaque rdv, puisque ma grossesse si inespérée, si précieuse était surveillée comme un coffre à trésor…. 

 

Nous ne le savions pas encore mais ce jour serait le début d’une longue descente aux enfers….et l’épreuve que nous allions devoir surmonter, la plus terrible traversée durant nos 7 années d’amour, une épreuve sur laquelle bien des couples ce seraient échouées…. 

 

Je ne sais pas pourquoi, pour la première fois j’allais à ce rdv le cœur bien lourd, jusque là chaque rdv était un moment magique de rencontre avec ce petit être qui grandissait en moi, j’adorais ce moment ou il apparaissait à l’écran, entendre battre son cœur, le voir grandir, changer….

 

Plus jamais après ce jour, je n’éprouverais du plaisir, de l’impatience, du bonheur en allant à une échographie, plus jamais je ne ressentirais l’euphorie, la magie, l’insouciance….toute cette légèreté qui appartient à la grossesse s’est envolée…. 

 

Moi d’habitude si joyeuse malgré cette grossesse difficile et si fragile, j’appréhendais ce rendez vous, comme si une chape de plomb oppressait mon corps….  

 

Nous sommes arrivés là –bas vers 17h, le reste est un peu flou dans ma mémoire, je ne me souviens plus que de la peur, de la douleur…. 

 

Je me souviens son silence, je le revois scruter l’écran, un vieil écran, sur lequel nous devinions plus que de réellement voir, appuyer de nombreuses fois sur mon ventre , insister de longues, trop longues minutes…. 

 

Je me souviens avoir demander si c’était normal qu’il bouge si peut…. Ça arrivait, il suffisait qu’il soit endormi…. 

 

Ce soir là il ne nous a rien dit,il a juste pris un rendez vous en urgence chez un confrère, pour une écho morphologique, car « il n’avait pas toutes les données nécessaires, il voulait voir, confirmer certaines choses »  mais je savais, je savais déjà, ce silence, lourd, c’était la mort…qui rodaît… 

 

Nous sommes sortis de son cabinet, sans savoir, juste la peur au ventre, on a essayé de se rassurer tout le chemin, on prétextait son matériel d’un autre âge, pas très performant, rien d’inquiétant, juste des mesures à reprendre….,

 

Mais au fond je savais, je savais l’impensable, l’insupportable…j’essayais juste quelques heures, quelques jours encore de garder cette insouciance, de croire que tout irait bien….parce qu’il m’était tout simplement impossible de penser que tout était fini….

 

Mr Babylou me rassurait, ça irait, il ne faut pas se tracasser, mais lui aussi, au fond de lui,le doute,  la peur s’était tapie….

 

Deux jours, une éternité pour être rassuré...ou que tout s'effondre....

La suite se trouve là-bas et

Commentaires

ce que tu as écrit là j'aurais pu l'écrire, il y a 16 ans déjà
sauf que mon gyné ne m'a pas fait languir, il m'a annoncé après un long examen que le coeur s'était arrêté
c'était ma première grossesse, j'étais persuadée qu'il s'était trompé, qu'il ne pouvait voir clairement ce que je distinguais à peine
je me suis accrochée à mon espoir refusant tout curetage
le doc avait cependant raison, j'ai avorté naturellement quelques jours plus tard
la suite, je la vis autrement que toi
pour moi, ce bébé n'est plus une douleur
peut-être parce qu'il ne fut pas le seul à m'abandonner en cours de route
mais surtout parce que dans ma bataille pour donner la vie, un jour, un autre s'est accroché contre vents et marées malgré si le corps médical n'a pas voulu se prononcer avant 6 mois de grossesse, même si ...
aujourd'hui, cette victoire a presque 14 ans

Écrit par : pommefraise | 21/01/2008

Ti Bourgeon avait trois mois quand il a quitté mon ventre
Le 23 Décembre il aurait du avoir un an ... il n'y a pas un seul jour qui passe sans que mon coeur se serre en me disant qu'il ferait ses premiers pas , depuis qu'il est parti et qu'il aurait du naitre , je ne cesse de " voir " dans mon coeur, ses premières dents, ses premiers mots, ses sourires, sa vie qui n'est que dans mon coeur
Je n'ai personne pour en parler ... comme cette impression qu'au fond se n'est pas dramatique, qu'au fond c'est une histoire classée
Pour moi elle ne le sera jamais !
Je me suis effondrée en te lisant ... tant je te comprends

Écrit par : Ange | 21/01/2008

Très joli récit que celui-ci... pas facile à mettre en mots...
Je comprends ta douleur, ma Véro... en même temps je me doute aussi que pour toi, ça ne doit pas être simple...il va falloir vivre avec ce souvenir douloureux, jusqu'au bout... pour les "autres", il n'y a eu aucune naissance, aucune matérialisation... donc personne n'en fait cas...
Ce doit être dur de porter une souffrance, un manque, que personne ne voit parce que tu as été la seule à ressentir cette vie... en toi...
Tu as les bons mots pour faire comprendre ce qui n'est pas palpable...
Je pense à toi ma Véro
bisous

Écrit par : véro | 24/01/2008

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