12/01/2015

La mère....l'amer...

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36 ans….
10 grossesses…..un petit garçon….
Je sais la chance, je sais le bonheur d’être maman….
Mais je sais surtout aussi la peur, je sais la colère, la tristesse, la douleur…
Je sais les heures, les semaines, à attendre, espérer….

Je sais la chute, le cœur en morceaux, leurs cœurs…..ceux qui ont cessé de battre…

Je sais l’impuissance, la fatigue, la lassitude….

Je sais le corps meurtri, fatigué, endolori

Je sais les regards, l’incompréhension, les jugements…

Et puis ce ventre vide….et puis ce ventre mort….

Ce sentiment d’être un tombeau….

Avoir porté plus souvent la mort en soi que la vie….

Je sais les échographies…..ce silence avant la tempête…
Je sais les Noëls amers, la fête, les rires trop bruyants….les sourires de façades….. les « Je vais bien » alors que tu es morte à l’intérieure….

Octobre 2014….

Ce 10ème test de grossesse…je n’en voulais plus,.je l’ai détesté…. J’avais cloisonné tous ces sentiments, enfouis profondément ce manque, cette envie….j’avais repris les rennes, ma vie, mon corps en main….tout du moins je me forçais à y croire, je m’y employais avec énergie….oublier, avancer….et puis ce test et ces deux barres insolentes….je les ai détestées….je n’en voulais pas…..ma tête n’en voulait plus, mon corps non plus….mon cœur lui….
Ma tête avait envie de crier « ferme là » à ce cœur inconscient qui battait trop fort à la vue de ces deux barres, ma tête avait envie de crier « cours » tu vas souffrir….ne t’emballes pas….
Mais ce foutu cœur n’a jamais pu s’empêcher d’espérer, une fois, deux fois, trois fois, dix fois….naïf, stupide, incontrôlable… un cœur masochiste…. Ces images utopiques d’une famille à cinq…. Du bonheur que j’aurais pu effleurer du doigt….cœur stupide et faible….

5, 10 ,15 semaines….

Puis la réalité….toujours la même….qui revient, fière, narguante, sure d’el

Des jours, des jours, des semaines…..

Janvier 2015….

L’hôpital….ce foutu corps incapable de faire son travail même quand il n’y a plus rien à protéger….les protocoles trop long, douloureux, les Cytotec pour faire avancer le travail, un, deux, trois…..dix…..et ce col cadenassé qui retient la mort….et ce corps qui m’abandonne, les hémorragies, la peur, l’attente, les journées trop longues, la douleur, la douleur, la douleur…..

Le retour à la maison épuisée…..tombeau fermé à double tour…..et cet embryon qui s’accroche…..puis la douleur encore et encore, la fatigue, le désespoir….et enfin la délivrance tenue entre mes mains…..cet embryon dans mes mains…..ce corps qui me libère enfin….
Cet embryon…..tout ce qu’il reste de ces mois, de ces semaines…..et le corps vide, le cœur vide encore une fois…..

J’ai 36 ans…..mon corps lui en a 100….

Je tourne une page définitivement….
Je ne saurais jamais pourquoi…..je ne sais pas pourquoi….
On ne s’habitue pas….jamais….

Je ne dis pas le manque…..je n’en parle plus….
Il ne se comblera jamais….il restera vide, sans vie….
Je ne dis plus la colère, la douleur…..
Ils ne comprennent pas…..ils ne savent pas….qu’il y a longtemps qu’à l’intérieur plus rien ne bat….
Alors j’avance, j’accroche ce sourire qui donne le change…..et ce soir contre mon cœur je serrerai fort Gabriel et Sarah, me ressourcer à leurs cris, à leurs rires…..me réchauffer à leur chaleur…..pour croire encore que je suis vivante…..un peu….un rien…..

Avec le temps….


04/08/2013

Sois tranquille....tout va bien.....

 

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Y a cette douleur que tu ne sais pas partager, parce que certaine douleurs n’ont pas de mots, y a des douleurs dont tu ne te souviens même plus quand elles ont commencé tellement elles font partie de toi….comme si elles avaient toujours été là tapies, insidieuses….

 

Il y a ceux qui ne comprennent pas, il y a ceux qui pensent que tu en fais trop, il y a ceux qui pensent que tu peux oublier, il y a ceux qui pensent que tu n’as pas de force , que tu te morfonds, que tu ne te bats pas….il y a ceux que ça dérangent, ceux que ça agacent,  ceux avec qui tu dois faire semblant que tout va bien parce qu’ils ne veulent pas entendre, parce qu’ils ne veulent pas comprendre….

 

Alors tu fais semblant, tu souris, tu fais comme ci…..mais tout au fond le gouffre s’agrandit, la faille ne se referme pas, elle ne se refermera jamais….cette douleur habite en toi….ce manque grandit chaque jour un peu plus…..tu as beau essayer, tu as beau te convaincre que tout va bien, tu sais que ce n’est qu’une façade, une parade pour ne plus déranger, pour ne plus à avoir à te justifier….

 

Je pensais avoir fait le deuil, je pensais être passée au-dessus de tout ça……et puis cette grossesse , la neuvième, comme une surprise, comme un pied de nez , tu te surprends presque qu’à y croire….alors qu’il y a si longtemps que tu ne crois plus en rien, tu t’accroches à cet espoir, comme à une bouée, comme à un souffle de vie, comme à l’oxygène qui te manque parfois quand tu te noies dans les souvenirs et le passé….

 

Tu te dis que peut être une seule fois la vie va gagner, qu’une seule fois cette petite voix en toi qui te répètes sans cesse que tout va encore s’écrouler se trompe…..

 

Et puis ces mots qui reviennent, ces douleurs familières, la gorge nouée, les larmes épuisées, et ce sentiment de solitude….et ces gens autour qui font comme si tout allait bien , et ces gens autour qui ne comprennent pas, et ceux qui sont soulagés, qui ne comprennent pas à quel point c’était important….ceux qui le lendemain sont déjà passé à autre choses…..alors encore une fois, une fois de trop tu retiens tes larmes, tu retiens cette envie de hurler, tu t’interdis de t’écrouler, mais tout au fond la fissure béante , inguérissable, la douleur inépuisable, si familière…..

 

Je voudrais tellement avoir des réponses, comprendre pourquoi, je voudrais tellement arriver à passer à autre chose, je voudrais tellement qu’il (s) comprenne(nt), qu’il(s) essaye(nt) juste une fois….sans jugement, sans ironie, sans méchancetés.

 

Qu’il(s) comprenne(nt) le manque, le manque de mon premier fils, le manque de toutes ces grossesses inachevées, le besoin viscéral, ce désir d’un autre enfant, qu’il(s) comprenne (nt) juste une fois la douleur, les blessures, la solitude, le manque….

 

Qu’IL puisse m’aimer si fort , tellement fort qu’il comprendrait sans même devoir parler….qu'il soit présent dans mes peurs et mes errances....je voudrais tant qu'IL comprenne....

 

18/11/2011

Les chaînes que l'on se met...

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J’ai longtemps cru que l’amour se suffisait à lui-même, que l’amour surmontait toutes les blessures, toutes les épreuves….

Puis tu te réveilles un jour avec ce goût amer…..tu t’aperçois….que l’amour n’a pas toute les vertus, pire que parfois il s’éteint étouffé par la souffrance….sans n’avoir rien vu venir, ou sans avoir voulu vraiment le voir….

Pendant des années tu avances, tu te dis c’est ça le bonheur, ça va aller, tu penses toucher du doigt cet enfant qui finalement ne vient jamais, et tu construis, sur les non dits, sur la souffrance, sur la rancœur, la douleur……tu construis une inextricable toile faite de nœuds, de silences, de lassitude….

Un jour tu te réveilles et t’as l’impression de ne plus pouvoir respirer, tout te rappelle ces espoirs déçus, tu ne vois plus que ça, ton couple est devenu le recueil de toute cette souffrance accumulée….

Je ne sais pas si les choses auraient été différentes si ce bébé tant attendu avait pointé le bout de son nez…..je ne sais pas…..

Aujourd’hui j’avance à nouveau…..différemment de ce que j’imaginais, parce que ma vision de la vie de famille n’était pas celle là…..mais parfois pour te sauver, tu fais des choix, le choix de te donner le droit au bonheur, de te libérer de toutes ces chaînes dans lesquelles tu t’es enfermée…..le choix de dire stop, le choix d’être toi, tout simplement…..pas mieux, pas moins bien, pas moins blessée…..mais juste toi….

Cette autre voie que j’emprunte, c’est aussi apprendre à vivre sans ce bébé jamais venu, c’est apprendre à vivre différemment….trouver d’autres bonheurs, remplir ce vide laissé à l’intérieur par d’autres joies…..mais j’ai pas appris, je ne sais pas encore comment on fait…..la route est longue, parfois j’ai le sentiment que cet enfant qui ne sera jamais là prend bien plus de place que si il était vivant……comme prisonnier d’un cœur trop lourd, un fantôme qui me hante….je voudrais le déposer au bord de la route pouvoir lui dire adieu sereinement…..ne pas me retourner et avancer avec légèreté en me laissant le droit de vivre d’autres vies sans lui mais j’en suis encore incapable…..il est ancré depuis si longtemps là au creux de moi…..tellement de grossesses inachevées, de vies éteintes avant d’avoir vu le jour….j’espère un jour pouvoir regarder en arrière et ne plus en crever…..j’espère un jour laisser quelque part avec sérénité…..tous ces fantômes auxquels je me suis enchaînée….

25/07/2011

Etre quelque part où tu n’as pas envie d’être….

 

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T’es forte, si si, on te le répète inlassablement, que tu es forte et courageuse, alors tu es cette fille-là, celle qui sourit, celle qui rebondit, celle qui traverse les épreuves et  en ressort plus forte, tu plies mais ne rompt pas, un optimisme à toute épreuve, tu dis que la vie est devant, que l’espoir n’est jamais mort, que t’es heureuse….parfois t’arrives même à y croire….

Pourtant le matin quand tu te lèves….tu dois puiser tout au fond, pour te mettre debout, pour déposer un pied devant l’autre, parce qu’en réalité t’as juste envie de rester dans le noir, dans le silence, de ne voir et entendre personne….oui t’as juste envie de ne pas te réveiller…

 

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Pourtant quand tu prends la voiture, certains jours….t’es tentée  d’appuyer sur l’accélérateur, droit devant et d’attendre le choc….tu te dis que ça fera moins mal que cette vie-là….

Mais tu es grande maintenant, tu as appris à ne pas faire de vagues, alors tu souris…..…tu souris et tu marches…tu ne sais pas où, tu ne sais pas pourquoi….tu  avances….souvent tu recules aussi, les pas sont lourds….la route est longue….

Tu ne mens jamais…..juste un peu sur tes sourires, juste un peu sur ta vie, juste un peu sur tes douleurs, pour pas leur faire peur…..

Tu n’as jamais été plus sincère….Tu édulcores juste le vide …pour pas te noyer…..

 Actrice de ta vie….t’as décroché le plus beau rôle…

Tu es bonne comédienne, mais le soir quand tu enlèves le fard à joue, quand tu laisses couler le mascara sous tes yeux…..Tu es  nue sous la lumière…..

Tu peux enlever le décor, descendre la façade…..juste la nuit noire….et l’infini….le vide à la place du coeur et tes yeux sans fond…..

 

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Tu as toujours eu le vertige….

15/07/2011

Je rêve à des corps sans mémoire....

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Je voudrais juste m’endormir quelques jours….me réveiller le corps vide et indolore…

Je voudrais juste d’un corps et d’un cœur sans mémoire…

Juste entendre ton rire, celui qui sait si bien guérir les blessures….

Juste du soleil, de la chaleur, ta petite main dans la mienne….pour oublier combien tout est vide au-dedans….

Juste oublier….toutes ces vies qui ne sont pas, ces espoirs envolés et ce corps malmené…qui tant de fois, trop de fois a donné la mort….

 

12/07/2011

L'amer....

 

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Un énième test positif, un énième espoir qui s’envole, tu te mets des barrières gigantesques, tu te blindes maladroitement pour éviter d’en crever quand il te dira « plus d’activités cardiaque »

…puis t’arrives sur la table d’auscultation, la boule au ventre, comme à chaque rdv, parce que tu ne ressens plus de plaisir à ces rencontres avec ce tout petit….parce qu’à chaque fois tu retiens ton souffle jusqu’à ce que tu entendes ce battement doux, jusqu’à ce que la vie explose triomphante sur l’écran….

Tu connais chaque intonation dans la voix du gynécologue, chaque changement dans son visage….avant même les mots…alors tu scrutes… tu regardes cet écran qui reste trop longuement silencieux….et là tu reconnais, tu sais, cette scène que t’as déjà vécue trop de fois, 5, 6 ,7 fois….t’as arrêté de compter….mais tu sais, t’as cette boule qui grossit dans la gorge , tellement grande que t’as l’impression que tu vas arrêter de respirer, t’as cette douleur si familière qui t’explose le cœur…..ces trop longues minutes silencieuses à chercher ce qui n’est déjà plus, tu les connais, tu vois son visage se fermer….et tu sais que dans quelques minutes tu entendras cette phrase familière « plus d’activités cardiaque »

…..t’as beau le savoir, t’as beau te préparer t’en crève un peu plus chaque fois.

T’as beau penser que tu gères….parce que t’es déjà passé par là de trop nombreuses fois….tu sais au fond de toi, qu’une fois de trop tu meurs un peu….

Tu te relèves sonnée, tu te rhabilles mécaniquement, tu ne pleures pas, tu ne pleures plus, parce que cette douleur elle fait partie de toi maintenant depuis si longtemps, parce que tu t’es tellement cadenassée de l’intérieur….que plus rien ne peut en sortir….alors tous ces torrents, tous ces bouillons d’amertumes, de peur, de douleur, de larmes….prennent toute la place à l’intérieur….jusqu’à t’écraser le cœur, jusqu’à t’enfermer dans un carcan d’acier…

Tu crois naïvement que tu vas gérer, question d’habitude….la journée se passe aussi silencieuse que ce cœur qui ne bat plus….tu te réveilles le lendemain….et tu voudrais oublier….parce que tu sens que tout se fissure là à l’intérieur….parce que tu sais que toutes ces barrières de sables vont s’effondrer sous les flots des sanglots retenus….parce que tu sais qu’encore une fois tu vas descendre tout en bas, trop bas….et que t’as peur un jour de ne plus pouvoir remonter, et que t’as peur un jour que ton cœur s’arrête fatigué….parce que tu sais que t’es partie pour une dizaine de jours  dans cet autre monde, entre folie et lassitude, entre douleur  et terreur, où tu n’es plus vraiment toi et où t’as envie parfois que tout s’arrête….la vie aussi….ce monde que tu connais par cœur, celui que t’as appelé l’amer….

 

13/05/2011

La mère....l'amer...

2489615159_1.jpgTout commence d’une façon banale, l’envie d’un ptit deuxième… tu te dis naïvement ou parce qu’au fond tu n’as pas envie de voir….qu’il n’y a pas de raison que ça recommence, qu’une grossesse n’est pas l’autre, que tout va bien se passer….

Les mois passent, les années, l’attente, les fausses couches, les espoirs déçus….puis tu sais plus quand t’as commencé à dérailler, tu sais plus le moment où insidieusement t’as commencé à dériver sans en prendre conscience….

Est-ce que c’était quand tu as commencé à fondre en larmes devant les reportages sur les grossesses, les accouchements ?? Quand t’as commencé frénétiquement à faire 15 tests de grossesses par mois, matin, midi, soir….dans l’espoir de voir une ligne fantôme apparaître, à te toucher les seins dans l’espoir d’y ressentir un symptôme ? Quand tu as cessé de rire de ces tocs….et que tu as commencé à te trouver pathétique….quand t’es devenue cette caricature hystérique, cette femme que tu jurais ne jamais devenir ??

Était-ce quand tu as commencé à avoir des bouffées d’angoisses à chaque nouvelle naissance, quand ça faisait tellement mal que rendre visite à ces nouveau-nés  te paralysait physiquement, incapable de faire face à tout ce bonheur qui te revenait à la figure ? Était-ce quand tu as commencé à te cacher pour pleurer en silence le soir lorsque tout le monde dormait….parce que t’avais pas le droit d’être malheureuse, parce que lorsque tu as la chance d’avoir déjà un enfant t’as pas le droit d’avoir mal à en crever ???

Était-ce quand tu as perdu le contrôle de ton corps, quand t’as commencé à subir mécaniquement, à bouffer les hormones comme un rituel vaudou qui chasserait le mauvais sort ? Quand la trahison de ton corps t’es devenue insupportable, quand t’as commencé à aller aux contrôles échographiques machinalement, à voir dans les câlins programmés une contrainte plutôt que du plaisir….quand t’as commencé à te sentir dépossédée du peu qu’il te restait de féminité ??

Tu sais plus trop où cette boule au fond de ta gorge a pris naissance, tu sais juste qu’elle reste là, qu’elle t’accompagne maintenant jour après jour….comme ce ventre vide….ou font écho les cris que tu étouffes…. Tu sais plus trop quand t’as commencé à rendre le change avec ce sourire de façade, en pilotage automatique….parce que trop fatiguée de te battre, de répondre à toutes ces phrases qui ne te réconfortent plus depuis trop longtemps…. Alors tu souris, tu ris un peu plus fort comme pour faire taire une douleur qui voudrait hurler dehors, alors tu parles un peu plus fort, tu prends un peu plus d’espace, tu vis un peu plus fort….parce que tu as peur que la vie ne se taise définitivement en dedans….,parce que si tu ralentis….t’as peur d’affronter ce trou béant qui se creuse à l’intérieur, t’as peur qu’on ne découvre les entailles profondes qui ne cicatrisent plus là près du cœur….

Tu sais plus quand tu as commencé à dériver…quelle importance, de toute façon tu n’as jamais eu le sens de l’orientation….

Chaque mois tous ces gens qui veulent te réconforter mais qui ont épuisés les phrases qui cicatrisent les blessures te répètent inlassablement… « nouveau cycle, nouvel espoir »

Oui mais l’espoir lui ça fait longtemps qu’il s’est fait la malle, érodé par les mois, les années qui s’écoulent, hémophiles…. , oui mais l’espoir ça fait longtemps qu’il s’est fait la malle,noyé dans les litres de larmes déversés…

All I can do is keep breathing….

 



 

 

 

08/06/2010

Jour de fête....

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.....dimanche c'est la fête des pères, j'aurais tellement aimé que cette fête résonne doublement ce dimanche,
j'aurais aimé ta main sur mon ventre, promesse d'une nouvelle vie à 4.
Mais il y aura ce silence, ce non dit, et mon coeur qui pleure...
Parce que le plus beau des cadeaux je suis incapable de te le donner, tu souriras, tu me diras que nous avons déjà le plus merveilleux des cadeaux...
Que Gabriel est la plus jolie chose que je t'ai donné...
Mais moi je sais, ce vide entre nous, ce vide dans ton coeur, ce silence pour ne pas me blesser...


Cette peur dans tes yeux à chaque fois que débute une grossesse,cette joie perdue, cette innocence qui nous fait défaut maintenant...
J'aurais tellement aimé te donner, te rendre cette innocence, ces petites bulles de joie qu'on ne connaîtra plus jamais à l'annonce d'un enfant à venir...
On a perdu tout ça, on a perdu la candeur, l'insouciance....je voudrais tant que l'espace d'un instant...on puisse revivre cette sensation...
Mais plus rien n'est comme avant....le 12 janvier 2005 on nous a tout volé....
Il ne nous reste plus que l'espoir....ténu, indicible....et le sourire de notre merveille qui jour après jour raccroche une à une les étoiles dans nos yeux....

Qui jour après jour....mets des couleurs dans un ciel trop gris...

 

07/06/2010

En boucle *Part II*

Le coeur et le corps vide, premier jour seule dans cette maison étrangement calme, dans ce silence pesant...et toutes ces phrases qui repassent en boucle, toutes ces phrases que je ne peux plus entendre...
"Tu es encore jeune, tu en referas d'autres", "Faut te dire qu'il y a pire", "Tu en a déjà un tu devrais être contente"...
Mode....barricadée à double tour...parce que je ne sais pas dire, parce que je ne sais pas....


J'ai le coeur fatigué, j'ai le corps blessé....le vertige et cette irrépressible envie de sauter dans le vide...
Je me sens seule même entourée...parce que cette tour de glace dans laquelle je me suis emprisonnée j'en ai condamné les issues...parce que la souffrance ne se partage pas,parce que personne ne peut la porter à ma place...


Recommencer , l'attente, les mois qui passent, le coeur fissuré qui prend l'eau, je ne sais pas si je pourrais encore...je ne sais pas comment on sait...
Je ne sais pas quand ça s'arrête, quand sait on que c'est le moment de tourner la page...je n'y arrive pas....
Je voudrais pouvoir faire le deuil de cet enfant, mais il est ancré dans ma chair...je suis encore incapable de me résigner, comment sait on que c'est le moment de dire stop, qu'on va trop loin, qu'on s'acharne à souffrir pour rien...
Comment reconnaît on la fin d'une histoire, comment écrit on le début d'une autre, différente de celle dont on avait rêver, comment laisser cet enfant qui ne viendra pas sur le bord du chemin...
Tourner la page...ma raison le voudrait pour alléger ce corps trop vide mais si lourd, mais mon coeur, ma chair, mon corps...ne savent pas comment abandonner la partie...
Folie, acharnement, ou simplement l'espoir??

03/06/2010

Vertige

3 jours que je sais que son coeur a cessé de battre....ce matin la descente vertigineuse commence, je le savais, je ne savais pas quand elle arriverait cette perte d'équilibre...


Cette boule qui grandit là dans ma gorge, c'est comme une boule de neige qui grossit à vue d'oeil, emplie de toute cette colère, de tout ce désespoir, de cette douleur insoutenable,cette douleur qui pourtant m'est familière, mais que je ne pourrais jamais apprivoiser...


Mon costume, mon armure patiemment construite commence à se fissurer, et chaque fissure est une plaie à vif, comme si chaque centimètre de ma peau était une brûlure...et la lumière trop crue,et le soleil trop brillant, et les gens trop heureux....


On croit à tort qu'on peut s'habituer, on croit à tort, qu'au prochain coup du sort,on aura appris cette distance nécessaire, qu'on saura faire face...
Mais je suis incapable de m'habituer à ces vies qui me quittent, je suis incapable de m'habituer à ce ventre trop vide, trop meurtri, à ce corps fatigué
....je suis incapable de m'habituer à ce vide que ça me laisse, à cet espoir qui s'éteint....


Je suis terrorisée, par la douleur physique, mais bien plus encore par celle qui va prendre possession de mon âme , de mon coeur pour les semaines à venir...

 

02/06/2010

En boucle.... *Part 1*

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Depuis hier, je ne sais pas, j'ai cette boule dans la gorge mais rien ne sort, anesthésie des sens....mais je sais qu'on se réveille toujours, et qu'une intraveineuse de morphine n'éteindra pas cette douleur, celle tapie là tout au fond, celle qui grandit jour après jour, minutes après minutes, insidieuse, silencieuse, qui va venir s'écraser lourdement dans mon coeur, dans mon ventre bientôt vide, dans ma tête trop pleine et sans réponses...

Cette impression de déjà vu, les même mots, les même phrases, les même regards lourds, la même attente, un film qui repasse en boucle...un film dont je connais la fin inéluctable....

J'ai envie de hurler, de pleurer, mais j'ai le coeur sec....juste ces larmes ce matin à la clinique, cette boule qui tout à coup se transforme en torrent, torrent que je ne peux retenir, impétueux , colérique....qui verse ses flots silencieux parce que ces gestes répétés sans cesse, font remonter à la surface toutes ces dernières années amères refoulées, retenues tout au fond, tout ce que j'ai caché derrière mon sourire, derrière l'espoir, et là lorsqu'elle me tend ces trois comprimés qui annonce la fin d'un enième espoir, ma carapace , mes barrières érigées une à une s'éffritent....

 

06/11/2008

Une étoile brille....

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Lors de notre séjour au CNN, nous avions fait la connaissance de Gaëtan et de sa maman, Gaëtan était un petit guerrier atteint de deux terribles maladies orphelines (le syndrome de Carey-fineman Ziter avec séquence du syndrome de moebius, et le syndrome de Pierre Robin),c'était un petit homme courageux et battant doté d'une force incroyable! Il était entouré de l'amour inconditionnel et immense de Sabrina sa maman, de son papa et de ses 2 grandes soeurs...et on sait trop bien combien l'amour peut soulever des montagnes...

Mon coeur de maman est bien lourd ce soir...Gaëtan s'en est allé rejoindre les étoiles, allégé de ses souffrances, il repose désormais près de nos anges partis trop tôt.... tu auras rempli le coeur de ceux qui t'aimait, d'un amour immense...et tu garderas dans mon coeur une grande place, forte comme la vie...

Vole petit ange...le coeur léger...

 

 

 

03/06/2008

Tombe la neige....

...maintenant je sais....

Notre bébé de Noël ne viendra pas....

Reste à attendre, attendre que le sang, les larmes, et la douleur se répandent....

...puis déposer un pied devant l'autre et avancer....

 

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29/05/2008

Retour vers le futur...

Il y a des moments comme ça, ou le temps ne passent pas, ou l'attente est insupportable et ramène à la surface tout un flots de souvenirs qu'on avait enfoui loin, loin....pour oublier.....

J'ai l'amère impression d'avoir refait un bon de 2,5 ans en arrière.....comme un film qui tourne en boucle....

A quand la fin de la projection....

Le temps semble s'être arrêté....

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30/01/2008

Si près de l'enfer....(3ème et dernière partie)

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Les 2ères parties se trouvent

19 janvier 2005… 

Cela fait une semaine que je suis dans un état second, une semaine que je me promène avec un bébé mort dans le ventre, je n’en peux plus, je voudrais que tout soit fini, cette sensation horrible de le savoir là au creux de ma chair et d’attendre….Paradoxe que ce besoin puissant de rejeter au plus vite ce que l'on a protégé toutes ces semaines…pour oublier…parce que je crois qu’une fois le ventre vide, tout sera enfin fini…je ne savais pas encore qu’une fois le ventre vide, tout ne faisait que commencer, la douleur sourde, muette, insidieuse, le chagrin immense, inconsolable,intarissable…

  

Ce soir là nous avons rdv avec le gynécologue qui va s’occuper de mon IMG ainsi que du curetage éventuel qui doit suivre, nous sommes ses derniers patients, son accueil est assez froid, il me demande de me déshabiller pour m’ausculter, nous fait comprendre que je ne suis pas sa patiente et que ça ne "l’arrange " pas vraiment de s’occuper de mon cas, mais qu’il le fait car il connaît très bien son confrère… le ton était donné…

  

Pour comprendre la suite de la consultation, et pour rappel, je suis une fille distilbène

 

 

(Le D.E.S. ou diéthylstilboestrol est une hormone de synthèse  vendue sous le nom de Distilbène® et prescrite aux femmes pendant la grossesse pour prévenir les fausses couches, les risques de prématurité et traiter les hémorragies gravidiques.

Le D.E.S. s'est révélé nocif pour les enfants exposés in utero et surtout pour les filles.
Il est notamment responsable d'anomalies génitales sur les enfants des femmes qui ont pris le médicament.

Du fait des malformations génitales provoquées par l'exposition au D.E.S. in utero, ces jeunes femmes ont de grandes difficultés à être enceintes, à mener une grossesse à terme ( grossesses extra-utérines,fausses couches, grande prématurité ...), surtout si elles ne bénéficient pas d'une prise en charge éclairée.
Le risque de survenue d'un cancer du vagin et du col, mis en évidence chez les jeunes femmes D.E.S., pourrait être augmenté à la ménopause. D’où la nécessité d’un suivi et d'une vigilance à vie.
De nombreuses femmes méconnaissent les problèmes causés par ce médicament et ignorent parfois qu'elles y ont été exposées
.)
,

 

avec pour conséquences entre autres pour moi une très lourde malformation de l’utérus, deux demis utérus cloisonné, deux cols…pas le meilleur endroit pour accueillir un bébé…pourtant jusqu’à ce que je fasse connaissance du gynécologue qui m’a suivie pour Gabriel, personne n’a jamais réellement pris cela en considération, c’était plus facile de faire comme si, comme si tout allait bien,comme si ce n’était pas un problème…en définitive cela aura certainement causé la perte de notre premier bébé, mais aussi faillit coûter celle de Gabriel par la suite…

  

Je suis donc couchée sur la table d’auscultation, j’ai froid, j’ai peur, il m’ausculte sans aucune douceur, sans aucune paroles réconfortantes, j’ai tellement besoin d’un petit mot, d’une phrase, une seule parole qui me dirait " vous avez le droit de pleurer ",je me retiens, je suis là figée, les yeux secs, la gorge gonflée par le désespoir…

  

Il commence à faire des commentaires désobligeants sur le travail qui l’attend, bougonne sur mon gynécologue qui lui a refilé ce cas atypique et compliqué, il me fait horriblement mal en m’auscultant, ne s’excuse même pas, que du contraire, il s’énerve presque sur moi et lâche énervé et sarcastique " avec l’utérus que vous avez on fait ce qu’on peut ! pas ce qu’on veut ! " continue en disant, que mon gynécologue ne se rendait pas compte du cas qu’il venait de lui donner, que c’était impossible de pratiquer un curetage sur un tel utérus, et d’autres phrases assassines du même acabit…

  

Et là je me suis sentie coupable, tellement coupable de ne pas être une femme normale, de ne pas avoir un utérus propre à porter, à donner la vie, je me suis sentie coupable d’être celle qui amène des ennuis, je me suis sentie coupable de la mort de mon bébé, je n’étais plus qu’un utérus,un utérus incapable de mener à bien une grossesse, un utérus défaillant, impropre à la vie, je n’étais plus que lambeaux de chair…dans mon corps, dans mon cœur…

  

Après avoir fouillé mon corps, comme un cas d’étude, sans douceur, ni compassion, comme pour me faire payer les heures supplémentaires qu’il prestait à cause de moi, il décidât qu’il ne pouvait rien faire pour moi… !

  

C’était trop de risque à prendre, à encourir, risque de léser mon utérus à jamais, de me rendre stérile , bref trop difficile pour lui…ou tout simplement trop d’incompétence de sa part…

  

Il m’envoya chercher auprès d’une infirmière des cachets de Cytotec et de Myfégine pour provoquer les contractions, , et provoquer " l’accouchement " , lui dira la fausse couche, mais il m’est impossible d’employer ce mot, notre fils n’est pas une fausse couche…

 

  Il m’expliqua brièvement la posologie,ironie du sort, il m’expliqua que je devais me mettre ces cachets près de mon col de l’utérus toute les 6h…10 minutes auparavant, il pestait car mon col de l’utérus était très difficilement visible et atteignable, et là il me demandait à moi, de me les mettre toutes seules au col de l’utérus… !!!! En gros démerde toi ma grande, et laisse moi finir mes consultations et rentrer chez moi…

 

Il m’invita ensuite à rentrer chez moi, et à revenir quand je perdrais du sang…

  Ce soir là, le diable était habillé en blanc…et plus tard beaucoup plus tard  il se remettrait à nouveau sur notre route, dans toute sa splendeur, dans toute son ignominie…

 

 Nous sommes sortis de là complètement perdus, et moi complètement paniquée, on nous avait dit que je serais prise en charge à la clinique, et là on nous renvoyait chez nous avec toute notre douleur, toute la peur…

 

 

Ce soir là j’ai énormément pleuré, je me suis sentie tellement seule, tellement…et la peur qui me dévorait était si grande, je ne comprenais pas ce qui nous arrivait, je ne comprenait pas ce qui allait nous arriver…

  

Lorsque j’ai mis le premier cachet dans mon utérus, même si je savais/m’étais persuadée que notre fils était bien mort, j’avais l’impression que je lui donnais la mort, qu’en me laissant provoquer les contractions toute seule, ce gynécologue(j’ai du mal à lui donner ce titre !) avait ainsi déposer sur mes épaules toute la culpabilité du geste… j’avais l’impression que ce qui arrivait était de ma faute…il n’y avait plus moyen de faire machine arrière, le train était lancé…

  

Pendant trois jours et trois nuits, j’ai eu des contractions horribles qui n’en finissait pas, mais pas la moindre trace de sang, le troisième jour, le vendredi matin j’étais complètement à bout, je pense que j’étais pas loin de l’hystérie, de la folie, tout au bord….

  

Je n’en pouvais plus de ces contractions, je n’en pouvais plus de ce petit corps qui s’accrochait au mien, de ces cachets à mettre au col, de cette mise à mort,de cette agonie lente, interminable…

  

Je crois que ce jour là si j’avais été seule une heure ou deux, j’aurais pu commettre l’irréparable tellement la douleur physique et psychologique était intense, tellement j’étais bouffée par la peur, tellement j’étais perdue…

  

Mon homme était aussi impuissant et perdu que moi, on nous avait complètement abandonné, dans une situation ou l’on ne savait pas quoi faire, ou on ne comprenait pas ce qu’il arrivait…

  

Parce que j’aurais été incapable de tenir une journée de plus sans péter un plomb dans le sens réel du terme, j’étais au point limite de rupture psychologiquement, ce matin là j’ai téléphoné à " ma " médecin traitant, je lui ai expliqué, elle n’en revenait pas que je ne sois pas hospitalisée, elle m’expliqua donc qu’elle allait venir me voir à la maison et qu’on allait organiser mon hospitalisation pour en finir avec ce cauchemar…

  

Juste après ce coup de téléphone,Vers 10h du matin, mon homme a été rappelé en urgence au travail, pour ne pas me laisser seule, il a demandé à ma belle maman de venir auprès de moi durant son absence qui ne devait pas durer plus d’une heure…

  

Il était 11h du matin, j’étais comme un lion en cage, je ne parlais pas, j’étais incapable de parler tétanisée par la peur, la fatigue, la douleur, je faisais les 100 pas dans la maison, ma belle maman essayait de me parler de tout de rien, pour que j’évite de focaliser sur la douleur des contractions,par moment je me pliais de douleur les contractions étaient trop intenses, trop fortes…

  

Puis il y a eu cette contractions violentes, qui m’a déchiré les entrailles, et ce besoin impérieux, incontrôlable de pousser…

  

J’ai couru vers la salle de bain, en criant…et j’ai senti une masse chaude sortir de moi, lorsque j’ai descendu mon pantalon…je l’ai vu il faisait une dizaine de cm, il avait ses deux bras, ses deux jambes, j’ai vu sa petite tête, ses petits yeux , son visage…

  

Ma belle maman est vite venue à mes côtés et a pris tout en charge, elle a retiré mon bébé de mon pantalon, et l’a mis hors de ma vue, le reste est très flou, je me souviens de tout ce sang, on aurait cru qu’on venait de commettre un crime dans ma salle de bain, je me souviens aussi avoir expulsé le placenta, mon médecin traitant est arrivé juste à ce moment là…

 

Voilà pourquoi ça me hérisse quand on emploie le mot "fausse couche" ou "incident" en parlant de Jean-Baptiste.

  

Voilà pourquoi aujourd’hui je ne veux plus qu’on me dise " bah c’était rien ", non ce n’est pas rien ce que nous avons vécu…, voilà pourquoi aujourd’hui je refuse d’entendre " ce n’était pas un bébé… ",parce que ce petit être que j’ai vu avait tout d’un bébé miniature, une tête, des jambes, des bras, un visage, alors qu’on ne me dise plus jamais que ce n’était rien….

  

Voilà pourquoi aujourd’hui j’ai mal quand on nie l’existence de notre premier enfant, quand on fait comme si cette grossesse là n’avait jamais existé, quand on me dit, bah la nature est bien faites….

  

La suite…

  

Je regrette de ne pas avoir regardé plus longtemps mon bébé, mais sur le moment la peur l’a emporté.

  

Je regrette qu’avant 22sa un " fœtus " n’aie aucune existence légale

  L’autopsie révèlera que notre bébé était bien un petit garçon comme je l’avais si fort pressenti, il mesurait 14cm et pesait un peu plus de 100gr, les détails crus et difficiles de l’autopsie ont été dures à digérer, mais en même temps ça été la preuve pour moi que mon bébé a existé, qu’il n’était pas rien…

On ne connaît pas la cause de sa mort fœtale in utéro,il n’avait aucune malformations visibles, une des causes possibles (qui s’est révelée également à ma seconde grossesse), est une incompatibilité de mon corps avec celui du fœtus que je porte, comme si mon corps rejetait le bébé comme un corps étranger, mais aussi très certainement un problème de vascularisation et d’échanges avec le bébé, du à ma malformation utérine.

  

Suite à cette mauvaise prise en charge, j’ai eu une infection des trompes et de l’utérus à cause de morceaux de placenta qui ne se sont pas évacués, on a du reprovoquer une "fausse couche " une dizaine de jours plus tard, pour éliminer les " débris "

  

3 ans plus tard, cette épisode de ma vie restera sans doute un des plus douloureux et difficile que j’aie vécu, 3 ans plus tard notre fils est toujours dans notre cœur, à son papa, et à moi….Il est inexistant pour tout les autres, certains ne se " souviennent " même pas qu’avant Gabriel j’ai attendu un enfant….

  

3 ans plus tard il reste des cicatrices, qui ne se refermeront jamais tout à fait…

  

3 ans plus tard je suis toujours pleine de colère et de rancœur face à ce " gynécologue " incompétent, à ce qu’il m’a fait vivre et subir…(d’ailleurs j’ai de nouveau eu affaire à lui bien malgré moi, lorsque j’attendais Gabriel…je vous en parlerais un jour…)

  

On peut me répéter 10000 fois, c’est du passé, c’est mieux comme ça etc…Je ne pourrais jamais oublier…jamais…

 

Le 12 janvier 2005 le début d'un long chaos commençait...

  

Le 21 janvier 2005, j'accouchais "seule" chez moi, abandonnée par le corps médical, de notre fils Jean-Baptiste,depuis une petite étoile brille plus fort que les autres là haut et dans nos coeurs...

27/01/2008

Si près de l'enfer (2ème partie)

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(La 1ère partie est là-bas)

.....le lendemain matin, j’ai rdv chez l’échographe, pour la première fois, mon chéri pris de court, ne pourra se libérer au boulot et venir avec moi, sa maman m’accompagnera. 

 

J’ai rdv vers 9h, mon gynécologue a tout arrangé la veille par téléphone, dès mon réveil j’ai énormément bu, j’ai tellement peur qu’il me dise que il ne sait pas voir car je n’ai pas assez bu, donc je bois, j’ai l’impression que je vais me noyer…. 

 

Arrivée dans la salle d’attente, je suis entourée de mamans aux ventres les plus rebondis les un des autres….. 

 

Plusieurs futures mamans passent, je les vois ressortir les yeux plein d’étoiles, avec les clichés du bonheur à venir, je me sens triste, et en colère, je leur en veux de tout ce bonheur qui m’éclate au visage, parce que moi je ne sais même pas si mon bébé va bien…. 

 

1h30 plus tard je ne suis toujours pas passée, je n’en peux plus tellement ma vessie est tendue, je vais trouver l’échographiste pour m’assurer qu’il ne m’a pas oubliée,…je ne suis pas sur sa liste !!! je lui explique que mon gynécologue à téléphone le soir avant pour prendre rdv en urgence, qu’il m’a affirmé que j’avais rdv ce matin à 9h….  

 

Il y a eu une erreur de la part de la secrétaire, je n’ai été notée nulle part, je dois donc attendre que ces rdv soient terminés pour être vue, je n’en peux plus je me tords de douleur, je pleure tellement ma vessie est pleine et douloureuse, mais ma belle maman m’empêche d’aller faire pipi pour ne pas compromettre l’examen….je suis en colère, j’ai mal, j’ai peur, je suis à bout…. Je voudrais juste tout laisser tomber, et m’en aller…. 

 

J’attendrais comme ça jusque 12h30…lorsqu’il m’appelle, je sais à peine marcher tellement j’ai mal, je suis livide, j’ai des sueurs froides… une fois déshabillée,il m’ordonne d’aller vider ma vessie....!!! car l’examen se fait la vessie vide..., j’ai encore envie de pleurer, je ne sais pas si c’est de soulagement ou de rage d’avoir attendu autant d’heures…dans la douleur..... 

 

L’examen prendra tout au plus 10 minutes…. 

 

"Comme vous pouvez le voir, il n’y a plus d’activité cardiaque, votre grossesse est arrêtée…. Recontactez votre gynéco pour connaître la marche à suivre…" 

 

Ce sera la seule explication, le reste je ne l’ai pas entendu, juste ces mots qui frappent dans mes temps trop forts, trop vite…plus d’activité cardiaque… 

 

Je me rhabille en pleurant, je suis incapable de prononcer un seul mot

 

 L’échographe, trouvera bon de rajouter en guise d’encouragement : "faut pas vous mettre dans cet état là, vous n’êtes pas la seule à qui ça arrive…" 

 

Sauf que là c’est moi qui ai mal à en crever…le chemin du retour se fera dans un silence pesant, je n’ai pas envie de parler, pas la force, je ne veux pas qu’on me parle, je n’ai pas envie d’entendre des phrases comme "ça va aller", je veux juste qu’on me laisse tranquille….avec cette souffrance qui me dévore….. 

 

Je rentre à la maison, et je vais me coucher, j’ai besoin de dormir pour oublier…. 

 

Naïvement nous pensions, qu’une fois le premier trimestre passé, on ne risquait plus rien, je me rends compte que nous avions une vision bien idyllique de la grossesse, comme la plupart des gens malgré la difficulté à concevoir un enfant, nous pensions qu’une grossesse c’était naturel, ça allait de soi…alors que donner la vie relève du miracle….on l’oublierait presque…. 

 

Fin de journée, une fois mon chéri rentré à la maison j’étais dans un état d’hébétude, et de doutes aussi, j’avais eu assez d’heures derrière moi pour cogiter seule, et trouver des remparts à l’inacceptable…. 

 

J’en étais arrivée à la conclusion que l’échographe s’était certainement trompé, que son appareil était défectueux, que tout allait rentré dans l’ordre…. 

 

Si notre bébé était mort, j’aurais fait une fausse couche, puis les fausses couches c’est au premier trimestre…donc ça ne pouvait qu'être une erreur...j’avais dressé des barricades, pour occulter l’inconcevable…. 

 

Mais bien vite la réalité me rattrapait de plein fouet, j’avais eu mon gynécologue au téléphone, il m’expliqua alors que pour une MFIU (mort fœtale in utero) à ce stade, on allait devoir pratiquer une IMG (interruption médicale de grossesse), autant de mots qui m’arrivaient comme des poignards dans le cœur, pour moi grossesse rimait avec vie…ici on me parlait de mort, d’interrompre la grossesse, j’étais en plein chaos….Je ne comprenais pas ce qui arrivait, tout allait trop vite…. 

 

Dès ce moment et jusqu’à ce que mon tout petit sorte de moi…je serais sans cesse tiraillée entre une multitude de sentiments contradictoires, la culpabilité, la colère, l’envie que tout se termine vite, l’envie de croire que c’était une erreur, qu’on allait me dire qu’il était encore vivant, la peur, le besoin impérieux de rejeter ce bébé mort en moi, l’envie de le garder au chaud, la haine, l’amour…. 

 

Mon gynécologue me confia a un autre collègue, car le bras dans le plâtre, il lui était impossible de pratiquer l’interruption de grossesse, et le curetage qui suivrait….il m’avait rassurée, m’avait expliqué que je serais hospitalisée, qu’une fois le bébé « expulsé » je subirais un curetage pour enlever tout les « débris » (les termes peuvent choquer, il m’est d’ailleurs toujours difficiles de les utiliser, mais c’est ainsi qu’ils sont employés dans la réalité), que je ne serais pas seule,que je serais très bien accompagnée psychologiquement…. 

 

J’étais un peu déçue mais aussi angoissée que ce ne soit pas lui qui me suive, ce détail paraît insignifiant face au reste….et pourtant, ce simple détail me fera basculer dans l’horreur, cette histoire, douloureuse et difficile, allait se transformer en véritable cauchemar….je ne le savais pas encore….

 

20/01/2008

Si près de l'enfer.... (1ère partie)

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Le 12 janvier 2005…. Il y a trois ans, nous fêtions nos 7 ans en couple, on en riait, 7 ans c’était le cap fatidique celui tant décrié, redouté, comme l’épreuve ultime, comme l’examen de passage  de la solidité des couples, nous avions traversé quelques tempêtes, mais nous étions là, plus forts que jamais, mais surtout plus heureux que jamais, notre enfant grandissait dans mon ventre, le cap délicats des trois premiers mois étaient passés, nous avions passés les fêtes euphoriques en famille, sur notre nuage, en imaginant l’avenir avec notre fils, car c’était comme une évidence pour nous...

 

Cet enfant que je portais, était sans nulle doute un garçon, j’en étais intimement convaincue, d’ailleurs tout naturellement je réfléchissais à des prénoms de garçons, ceux de filles ne me venaient simplement pas à l’esprit, ce n’était pas une question de préférence, car mon plus grand bonheur était d’avoir un enfant, peut importe son sexe, mais c’était comme animal, instinctif, je pressentais au fond de moi, dans mes tripes, que je portais notre fils, je ne peux l’expliquer… 

 

Pour notre anniversaire, nos 7 ans en couple, un joli cadeau nous attendait, j’avais rendez vous chez mon gynécologue, avec une échographie à la clé, comme à chaque rdv, puisque ma grossesse si inespérée, si précieuse était surveillée comme un coffre à trésor…. 

 

Nous ne le savions pas encore mais ce jour serait le début d’une longue descente aux enfers….et l’épreuve que nous allions devoir surmonter, la plus terrible traversée durant nos 7 années d’amour, une épreuve sur laquelle bien des couples ce seraient échouées…. 

 

Je ne sais pas pourquoi, pour la première fois j’allais à ce rdv le cœur bien lourd, jusque là chaque rdv était un moment magique de rencontre avec ce petit être qui grandissait en moi, j’adorais ce moment ou il apparaissait à l’écran, entendre battre son cœur, le voir grandir, changer….

 

Plus jamais après ce jour, je n’éprouverais du plaisir, de l’impatience, du bonheur en allant à une échographie, plus jamais je ne ressentirais l’euphorie, la magie, l’insouciance….toute cette légèreté qui appartient à la grossesse s’est envolée…. 

 

Moi d’habitude si joyeuse malgré cette grossesse difficile et si fragile, j’appréhendais ce rendez vous, comme si une chape de plomb oppressait mon corps….  

 

Nous sommes arrivés là –bas vers 17h, le reste est un peu flou dans ma mémoire, je ne me souviens plus que de la peur, de la douleur…. 

 

Je me souviens son silence, je le revois scruter l’écran, un vieil écran, sur lequel nous devinions plus que de réellement voir, appuyer de nombreuses fois sur mon ventre , insister de longues, trop longues minutes…. 

 

Je me souviens avoir demander si c’était normal qu’il bouge si peut…. Ça arrivait, il suffisait qu’il soit endormi…. 

 

Ce soir là il ne nous a rien dit,il a juste pris un rendez vous en urgence chez un confrère, pour une écho morphologique, car « il n’avait pas toutes les données nécessaires, il voulait voir, confirmer certaines choses »  mais je savais, je savais déjà, ce silence, lourd, c’était la mort…qui rodaît… 

 

Nous sommes sortis de son cabinet, sans savoir, juste la peur au ventre, on a essayé de se rassurer tout le chemin, on prétextait son matériel d’un autre âge, pas très performant, rien d’inquiétant, juste des mesures à reprendre….,

 

Mais au fond je savais, je savais l’impensable, l’insupportable…j’essayais juste quelques heures, quelques jours encore de garder cette insouciance, de croire que tout irait bien….parce qu’il m’était tout simplement impossible de penser que tout était fini….

 

Mr Babylou me rassurait, ça irait, il ne faut pas se tracasser, mais lui aussi, au fond de lui,le doute,  la peur s’était tapie….

 

Deux jours, une éternité pour être rassuré...ou que tout s'effondre....

La suite se trouve là-bas et